La dyspraxie, un trouble du « comment faire »
Un livret accessible de CoRiDyS pour comprendre la dyspraxie (TDC) de l'intérieur : ce que vit l'enfant, des conseils concrets et des pistes d'accompagnement au quotidien.
Télécharger le PDFVotre enfant est-il maladroit, fatigué par l'écriture, mal à l'aise avec le sport ou les gestes du quotidien ? Le TDC (dyspraxie) pourrait être en cause. Cette fiche vous aide à comprendre ce trouble et à identifier les bons soutiens.
PCO 24Une sélection de ressources en accès libre pour mieux comprendre le Trouble Développemental de la Coordination (TDC / dyspraxie) et accompagner votre enfant au quotidien : un guide à télécharger et des vidéos pédagogiques.
Un livret accessible de CoRiDyS pour comprendre la dyspraxie (TDC) de l'intérieur : ce que vit l'enfant, des conseils concrets et des pistes d'accompagnement au quotidien.
Télécharger le PDFUne psychomotricienne explique comment accompagner un enfant dyspraxique : repères, exercices et aménagements pour soutenir la coordination et la motricité au quotidien.
Voir la vidéoUn reportage qui donne la parole à des familles : leur quotidien avec la dyspraxie, les difficultés rencontrées et l'importance d'un repérage et d'un accompagnement précoces.
Voir la vidéoUn échange clair entre ergothérapeutes pour mieux comprendre le Trouble Développemental de la Coordination : signes, impacts sur la vie de l'enfant et leviers d'accompagnement.
Voir la vidéoLe Trouble Développemental de la Coordination (TDC), anciennement désigné sous le terme de dyspraxie, est un trouble neurodéveloppemental reconnu par le DSM-5 et la CIM-11. Il se caractérise par un retard significatif dans l'apprentissage des compétences motrices et dans la coordination des mouvements, non expliqué par une autre affection neurologique ou médicale.
Le TDC est parfois décrit comme le trouble du « comment faire » : l'enfant sait ce qu'il veut faire, mais son cerveau peine à planifier, organiser et automatiser les gestes nécessaires pour le réaliser. Ces difficultés ne concernent pas seulement le sport — elles touchent les gestes du quotidien, les activités scolaires, et l'autonomie personnelle.
Prévalence : Le TDC touche 5 à 6 % des enfants en âge scolaire, ce qui en fait l'un des troubles neurodéveloppementaux les plus fréquents — aussi répandu que le TDAH. Les garçons sont 2 à 7 fois plus touchés que les filles. La naissance prématurée est un facteur de risque reconnu.
Ce que le TDC n'est PAS :
« Le TDC est caractérisé par des difficultés dans l'acquisition et l'exécution des habiletés motrices coordonnées, ce qui entrave de façon significative les performances scolaires et les activités de la vie quotidienne. »
— DSM-5, Critères diagnostiques du Trouble Développemental de la Coordination
Les manifestations du TDC touchent à la fois la motricité globale (grands mouvements du corps) et la motricité fine (gestes précis des mains), ainsi que les fonctions de planification et d'organisation du geste (praxies).
Le TDC est très fréquemment associé à d'autres troubles : TDAH (dans environ 50 % des cas), dyslexie, dyscalculie, TSA. La présence de plusieurs troubles ne signifie pas que votre enfant va moins bien s'en sortir — cela signifie simplement qu'il a besoin d'un accompagnement plus complet et bien coordonné.
Faux. Le TDC est un trouble persistant. Sans accompagnement adapté, les difficultés ne disparaissent pas avec le temps : elles évoluent, et certaines s'aggravent quand les exigences scolaires et sociales augmentent. Intervenir tôt permet de construire des stratégies de compensation efficaces et de préserver l'estime de soi de l'enfant.
Faux. Les enfants avec un TDC font souvent des efforts considérables, invisibles aux yeux des autres. Ce qui paraît négligent (écriture illisible, lenteur, affaires désorganisées) est le résultat d'une vraie difficulté neurologique de planification et d'automatisation des gestes. Ces enfants se fatiguent beaucoup plus vite que leurs camarades pour le même travail.
Faux. Le sport est souvent difficile, mais pas impossible — et il est même important pour le développement moteur de l'enfant avec un TDC. Des activités adaptées (natation, arts martiaux, escalade, yoga) peuvent être très bénéfiques. L'objectif n'est pas la compétition, mais le plaisir du mouvement et le renforcement des compétences motrices.
Faux. Répéter sans méthode ne suffit pas. L'enfant avec un TDC a besoin d'une rééducation spécifique, menée par un psychomotricien ou un ergothérapeute, pour apprendre de nouvelles stratégies de planification du geste. Plus la répétition est non structurée, plus l'enfant risque de se décourager.
Faux. Le TDC impacte tous les gestes du quotidien : s'habiller, se coiffer, couper sa nourriture, écrire, utiliser des ciseaux, dessiner. À l'école, c'est souvent l'écriture qui révèle le trouble. Le TDC a donc un impact très large sur la vie scolaire, sociale et l'autonomie personnelle.
Consultez si votre enfant :
Le diagnostic de TDC peut être posé à partir de 5-6 ans, lorsque les exigences gestuelles de l'école permettent une comparaison avec les pairs.
Le médecin traitant, pédiatre ou médecin scolaire est le premier interlocuteur. Il peut évaluer le développement moteur et vous orienter vers la PCO 24 ou directement vers un psychomotricien ou un ergothérapeute pour un bilan.
Le diagnostic du TDC est clinique et pluridisciplinaire :
Reconnaissez que certaines tâches prennent plus de temps à votre enfant : habillement, repas, rangement. Accordez-lui du temps supplémentaire sans pressure. Des adaptations pratiques peuvent faciliter les choses : vêtements avec velcro plutôt que boutons, couverts ergonomiques, organisation simplifiée de son cartable.
Encouragez votre enfant à trouver des façons de faire les choses à sa manière. Un geste atypique mais efficace vaut mieux qu'un geste « correct » mais inaccessible. Valorisez l'ingéniosité et la persévérance.
Ne forcez pas les activités où l'enfant échoue systématiquement. Cherchez des activités où il peut progresser à son rythme : natation, trampoline, danse libre, escalade (qui travaille la proprioception), activités de construction (LEGO, origami). L'important est le plaisir et le sentiment de compétence.
Les enfants avec un TDC sont souvent conscients de leurs difficultés et souffrent du regard des autres. Parlez-leur du TDC de façon simple et positive : « ton cerveau apprend les gestes d'une façon différente, et on va t'aider à trouver des stratégies ». Évitez les comparaisons avec les autres enfants.
L'écriture est souvent le principal obstacle scolaire. Un PAP (Plan d'Accompagnement Personnalisé) peut permettre l'usage d'un ordinateur pour les productions écrites, du temps supplémentaire pour les évaluations, et des aménagements pour les cours d'EPS. La PCO 24 peut vous aider à formaliser ces demandes.
Voir son enfant se battre avec des gestes que les autres font sans y penser peut être emouvant et épuisant. Partagez vos observations avec l'équipe soignante, rejoignez des groupes de parents, et acceptez de l'aide. Votre enfant a besoin d'un parent qui prend soin de lui — et de lui-même.
La PCO 24 (Plateforme de Coordination et d'Orientation de Dordogne) est un dispositif gratuit, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, qui accompagne les enfants de 0 à 12 ans présentant une suspicion de TND.
L'orientation vers la PCO 24 se fait par un médecin (médecin traitant, pédiatre, médecin scolaire). C'est lui qui remplit le « formulaire d'adressage ».
💡 Bon à savoir : pendant toute la durée du parcours PCO, tous les bilans et accompagnements coordonnés par la plateforme sont gratuits.
Fiche rédigée par l'équipe PCO 24, en partenariat avec Psychopedia Formations. Sources : DSM-5, CIM-11 (OMS), INSERM, Fédération Française des DYS, Paediatrics & Child Health (2021), CHU Sainte-Justine (2026). Mise à jour : juin 2026.